Consommer local, bon pour la planète, mais pas que !

Manger local : un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour la planète

Produits du terroir, spécialités régionales, production artisanale … ces expressions nous parlent et nous avons tous au moins une fois pris plaisir en dégustant une bonne terrine, un pot de tartinade, une soupe, une confiture artisanale. Mais qu’en est-il du reste de notre frigo ? Est-ce qu’il est possible de savoir avec précision d’où viennent nos aliments ? Pourquoi est-il important de consommer local ? Est-ce seulement une histoire de goût ? 

Lorsque mon copain et moi avons entamé notre démarche zéro déchet il y a deux ans, nous étions un peu perdu… manger mieux d’accord, mais pourquoi local ? Est-ce moins cher ? Pourquoi est-ce que c’est si important ? Aujourd’hui « locavores » convaincus, nous achetons local, nous mangeons local, nous VIVONS local ! Je vous explique dans cet article les avantages de cette consommation, qui est bien plus qu’une tendance à suivre.

La consommation locale, qu’est-ce que c’est ?

Manger bio, local, acheter en vrac, ces habitudes sont les clés de la consommation responsable et permettent à notre échelle d’agir en faveur de l’écologie… mais pas que ! Si tout le monde a au moins une fois dans sa vie entendu qu’il fallait acheter local, il peut parfois être difficile de s’y retrouver, de comprendre les enjeux et de trouver les bonnes adresses à proximité de chez soi.

Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler de « locavore », et de « locavorisme ». Loca quoi ? Non, décrire de quelqu’un de « locavore » n’est pas une insulte ! Ce mot un peu barbare est utilisé pour parler d’un mode de consommation, celui des personnes qui mangent local, c’est à dire au plus près de chez eux. La plupart du temps, ces personnes vous diront qu’elles privilégient ou n’achètent que des produits régionaux, ou à défaut français. Cela dépend bien sûr du type d’aliments dont on parle, mais pour faire simple, on peut dire que consommer local signifie acheter en pensant à la distance totale parcourue par les aliments, de leur lieu de production à l’assiette.

Pourquoi consommer local ? Écologie et nourriture
Producteur de fruits et légumes Guy Moretton, situé à Saint-Martin-en-Haut – Marché quai Augagneur à Lyon 3

Pourquoi acheter local ?

Je vous vois venir d’ici : « encore une tendance bobo écolo à la mode sur les réseaux sociaux ». Pas vraiment en fait. Si les hashtags #locavore et #mangerlocal comptent respectivement plus de 218 000 et 29 000 publication sur Instagram, cette démarche va bien au delà des posts de photos de son panier de légumes fraîchement acheté chez le vieux producteur du marché. Consommer local a plus d’un avantage, et pas uniquement pour le consommateur. Explications…

Meilleur pour la santé

  • Manger local serait meilleur pour la santé : cultivés plus près du consommateur, les produits locaux passent moins de temps dans les transports. Ils sont donc plus frais car cueillis mûrs, et contiennent donc plus de nutriments que les fruits et légumes qui ont été cueillis verts et qui ont parcouru plus de kilomètres dans des camions réfrigérés et/ou containers.

Plus de goût !

  • En plus d’être davantage riches en nutriments, les fruits et légumes locaux auront également plus de goût car comme dit juste au dessus, ils sont cueillis à maturité. Ils auront donc eu le temps de se gorger en sucre et seront donc plus savoureux, à notre plus grand plaisir.

Contre le gaspillage alimentaire

  • La fraîcheur a également un impact sur la conservation des aliments. Une salade fraîchement cueillie se conservera plus d’une semaine, alors qu’une salade qui voyage depuis plusieurs jours rendra probablement son dernier souffle dans le frigo le lendemain ou le surlendemain de son achat. Acheter local, c’est donc une bonne façon de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Consommer de saison

  • Acheter des produits du coin signifie également, ou je devrais plutôt dire « surtout » manger de saison. En s’adaptant à chaque contrainte saisonnière, et pour avoir une production moins gourmande en ressources naturelles (pas de serre chauffée), les agriculteurs et producteurs plantent et cultivent au gré des saisons. Asperges, radis, fraises au printemps, tomates, aubergines, courgettes et pêches en été, courges et pommes à l’automne, choux, poireaux et radis noir l’hiver… l’idéal pour s’y retrouver est de se fier à un calendrier des fruits et légumes de saison ! Je vous recommande celui de la talentueuse Claire-Sophie du blog Pissenlit au Jardin.

« Un fruit hors saison importé consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement lorsqu’il est de saison. Ainsi, 1kg de fraise d’hiver peut nécessiter l’équivalent de 5L de gasoil pour arriver jusqu’à notre assiette. Pour les fruits exotiques, il existe aussi une saison. Pensez au commerce équitable, qui garantit une rétribution plus juste des cultivateurs et est attentif à la préservation de l’environnement » (Source : site des Colibris)

De nouvelles découvertes

  • Ce qu’il y a de génial, lors qu’on mange local et de saison, c’est que l’on sort des sentiers battus. Finis les fruits et légumes calibrés, identiques et ennuyeux ! On découvre de nouvelles variétés, de nouvelles formes, de nouvelles couleurs de légumes : radis jaunes, radis noirs, chou-fleurs roses, pommes de terre violettes… un vrai arc-en-ciel dans notre assiette ! On découvre aussi les légumes oubliés et anciens : blettes, panais, butternut, topinambour, … en plus de goûter de nouvelles choses et de casser la monotonie dans nos assiettes, c’est un bel hommage à nos grands-parents, vous ne trouvez pas ?

Encourager l’économie locale

  • En achetant local, nous privilégions les filières courtes. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut simplement dire que le consommateur, par son achat se rapproche au plus près du producteur soit par une vente directe (Amap, marché, ferme, etc), soit par via un seul intermédiaire (magasin de producteur par exemple). Pourquoi cela est mieux qu’acheter en grande distribution ? Parce que cela offre une juste rémunération du producteur justement car il n’y a ni grossiste, ni distributeurs, ni société d’emballage. On encourage ainsi les petites exploitations, et garantie un salaire correct à ces producteurs qui exercent un métier de passion, et qui ont un véritable savoir-faire agricole. Idéalement, on choisit un producteur en agriculture biologique, permaculture ou agriculture raisonnée, qui respecte la biodiversité et préserve les semences paysannes. En donnant leur chance aux exploitations locales, on contribue à une répartition plus juste des ressources alimentaires entre les différentes régions, et donc entre nous et le reste du monde.
Producteur de fruits et légumes Guy Moretton, situé à Saint-Martin-en-Haut – Marché quai Augagneur à Lyon 3

Rapport qualité prix et lien social

  • C’est aussi une manière, pour nous consommateurs, d’avoir une vision claire de la production, et d’être sûrs de la qualité de celle-ci. Souvent, cela permet aussi de bénéficier de prix moins élevés par rapport à cette qualité. De plus, savoir à qui on achète, faire la connaissance du producteur et échanger avec lui quand on le peut permet de créer un véritable lien social. Il est souvent possible de se rendre directement dans les exploitations pour acheter, et / ou visiter, ce qui est un excellent moyen de découvrir des savoirs-faire, et de faire une super sortie seul.e ou avec ses proches.

Plus écologique

  • Les produits locaux ont également un impact carbone moins élevé, car leur transport est beaucoup plus court (quelques kilomètres pour un produit régional contre des centaines ou milliers pour les autres) et les émissions de CO2 produites lors du transport seront donc plus faible. De plus, la plupart des produits locaux sont vendus en vrac, ce qui permet de lutter contre le sur-emballage industriel et l’omniprésence du plastique. Parfois, les denrées les plus délicates comme les framboises ou les figues sont vendues dans des petites barquettes. N’hésitez pas à demander au vendeur s’il est possible de ne pas prendre ce contenant, ou si vous pouvez le rapporter la prochaine fois. Souvent, ces propositions sont acceptées car cela permet au producteur de faire des économies en réutilisant ces emballages, et donc de  réduire eux-même leurs coûts liés à ces achats. 

Jusqu’où va le local ?

C’est vrai ça ! Est-ce qu’il y a des limites ou des frontières au local ? Comment sait-on à partir d’où un aliment n’est plus local ? On me pose souvent cette question, qui est plutôt pertinente. En fait, tout dépend de votre curseur personnel… et de vos goûts ! Pour tout achat, posez-vous la question : est-ce que ce produit est cultivé / fabriqué à côté de chez moi ? Est-ce que ça peut l’être ? Si oui, où puis-je trouver un producteur / magasin qui vend ce type de produit ?

Globalement, voici la liste (non exhaustive) de ce qu’on peut facilement trouver près de chez soi, un peu partout en France :

  • Fruits et légumes « classiques » : en fonction des saisons, les basiques tels que les carottes, pommes de terre, poireaux, choux, courges, oignons, ail, échalotes, radis, radis noir, pommes, poires, etc
  • Les fruits et légumes transformés : jus de fruits, compotes, confitures, soupes
  • Les produits laitiers : fromages, crème, beurre, lait
  • La viande et charcuterie 
  • Certaines conserves et condiments, sauces, etc : cornichons, sauces tomates, huiles, vinaigres, etc
  • Le miel et les produits de la ruche

Concernant le reste, cela dépend de la région où vous vous trouvez : produits secs, poissons, etc. Cependant, le tout est d’apporter une réflexion à son achat. Par exemple, si vous n’habitez pas dans le sud, et qu’en hiver vous souhaitez manger des clémentines : choisissez plutôt la clémentine de Corse, plutôt que celle du Maroc. En plus d’être excellente, il y a plus de chances qu’elle soit cueillie mûre, aura fait moins de kilomètres, et fait marcher l’économie corse, donc française. Idem pour les citrons, oranges et pamplemousses. Mangez-les de saison, et préférez ceux du sud de la France, d’Italie et du bassin méditerranéen plutôt que ceux qui viennent d’Amérique… imaginez la tête qu’ils devaient avoir au moment de la récolte, et le nombre de pesticides qu’ils ont dû subir pour rester beaux, colorés, mûrs à leur arrivée en France.

Pour les fruits exotiques, essayez de réduire votre consommation, et de choisir des fruits bio et portant le label commerce équitable. Concernant les avocats, nous n’en avons peu en France (apparemment un peu en Corse, mais je n’en ai jamais trouvé). Préférez donc l’avocat bio d’Espagne, plus petit, plutôt que l’avocat du Mexique (qui a un terrible impact écologique car des forêts sont rasées au profit de sa culture).

Local signifie-t-il bio ?

Attention, local ne veut pas forcément dire bio. Bien sûr, acheter local c’est bien, mais acheter local ET bio c’est mieux ! En effet, l’utilisation des pesticides étant encore très répandue en France et dans toutes les régions, il est plus qu’important de cumuler les deux critères local et bio.

Pourquoi consommer bio est-il si important ? Tout simplement parce que l’agriculture bio permet à la fois de protéger notre santé et celle du producteur (si tu as loupé l’étude récente qui démontre que manger bio réduirait de 25% les risques de cancer, c’est ici) , mais également car l’utilisation de pesticide est responsable de l’effondrement de la biodiversité et de la disparition en masse des abeilles. De plus, l’épandage des engrais chimiques représentent près de 80% des émissions totales des exploitations, ce qui est énorme !

Pour être donc cohérent dans sa démarche, il vaut mieux donc choisir si possible un producteur local qui a des pratiques éthiques et écologiques.

En attendant je vous conseille ce super petit guide rapide à lire et hyper bien réalisé en collaboration avec l’illustratrice Bloutouf, connue pour être la maman dans la famille Zéro Déchet. 

Cliquez pour accéder au super petit guide

Pour résumer :

Consommer local est à la portée de tout le monde, que l’on habite en ville où en milieu rural. La consommation locale a plus d’un avantage : sain, écologique, économique pour le consommateur comme pour le producteur, elle permet de découvrir de nouvelles saveurs, tout en luttant le gaspillage alimentaire et créé du lien entre le consommateur et le producteur. C’est aussi un excellent moyen de devenir incollable sur la saisonnalité des fruits et légumes, et diversifier ses menus… super ludique pour les enfants !

Enfin, acheter local et bio, permet aussi de dire non aux calibrages et aux monopoles des grands groupes sur les graines et semences. Plus nous achèterons à nos producteurs des produits variés, de saison et respectueux de l’environnement, plus nous développerons le tissus économique de nos régions et garantirons un avenir sain et pérenne à la génération future. Un bel exemple de ce que nous pouvons faire avec notre argent et à notre échelle. Notre pouvoir est dans notre assiette !

Alors, prêt•e•s à rejoindre la communauté des locavores ? 


Pour aller encore plus loin, découvrez mon article « Consommer local : les pièges à éviter » !

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Acheter local : plus qu'une tendance, une nécessité !
Producteur de fruits et légumes Guy Moretton, situé à Saint-Martin-en-Haut – Marché quai Augagneur à Lyon 3

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