Manger local c'est facile, toutes les astuces pour vous rapprochez des producteurs

Où faire ses courses quand on veut manger local ?

Ces derniers temps, j’ai reçu de nombreuses questions de la part de mes proches et connaissances, sur notre manière de vivre le zéro déchet, et sur nos petites astuces pour avoir un impact positif ou a minima neutre sur la planète. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de faire énormément de choses à notre échelle, en adoptant un mode de consommation réfléchi, éthique et minimaliste. La deuxième bonne nouvelle, c’est qu’il est facile de commencer cette démarche par un domaine qui nous concerne tous et toutes : la nourriture !

Manger est un besoin primaire, mais c’est aussi une source de pollution importante puisque notre alimentation représente 20 à 50 % de notre empreinte environnementale. Manger moins de viande, acheter des aliments de meilleure qualité, bio, sans emballage, et produits localement font partie des habitudes à prendre pour réduire notre impact sur l’environnement. Je vous conseille en passant cette super infographie interactive qui en plus d’être hyper bien faite, nous apprend pas mal de choses sur un sujet qu’on pourrait pourtant penser maîtriser.

Dans mon article Manger local, un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour la planète, je vous explique pourquoi consommer local était important. Mais voilà, une fois qu’on a bien compris la théorie, comment passer à la pratique ? Est-ce qu’acheter local est aussi simple qu’on le dit ? Peut-on acheter à des producteurs locaux en habitant en ville ? Est-ce forcément plus cher ?  Suivez la guide, je vous dis tout dans cet article !

Trouver ses adresses

Manger local peut sembler au premier abord compliqué, mais en fait, pas tant que ça car beaucoup d’aliments « basiques » sont produits un peu partout en France : pommes de terre, carottes, salades, choux, radis, tomates, courgettes, mais aussi produits laitiers et viandes. En fonction de la région où vous habitez, vous trouverez un choix plus ou moins large de variétés différentes, mais également des produits régionaux. Dans mon article « Consommer local : les pièges à éviter ! » je vous donne les astuces pour déjouer un maximum de pièges utilisés par les marques industriels pour nous induire en erreur.

L’idéal, pour éviter de tomber dans ces pièges, est de fuir au maximum les supermarchés, qui vendent en grande partie des marques industrielles dont les produits ne sont pas locaux, et où le sur-emballage et l’omniprésence du plastique sont un problème. Tournez-vous donc autant que possible vers les circuits courts. Moins il y aura d’intermédiaires entre nous et les producteurs, plus la qualité des produits sera là et plus la rémunération sera juste pour lui. Pour cela, il existe deux types de distribution :

Acheter en direct du producteur :

Que l’on soit en ville ou en campagne, nous avons généralement accès à au moins une de ces solutions :

  • Dans une Amap. Qu’est-ce qu’une Amap ? Il s’agit d’une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Les clients adhèrent à l’association pour 6 mois ou 1 an, et récupèrent 1 fois par semaine leur « panier » de produits frais qu’ils ont choisi lors de l’adhésion : légumes, fruits, fromages, viandes, miel, etc. La distribution est faite en général dans un local municipal, ou privé, et est assurée par le ou les producteurs, ainsi que quelques bénévoles. Les produits sont distribués aux clients qui viennent avec leurs sacs… parfait pour limiter les emballages ! Les avantages sont nombreux : une fois que l’on adhère, nous n’avons plus besoin de faire les courses des produits concernés pour la semaine. La fraîcheur et le goût des produits sont au rendez-vous, ce qui régale nos papilles et nous aide à limiter contre le gaspillage alimentaire car tout est récolté quelques jours ou heures avant la distribution. Enfin, le prix payé par les adhérent.e.s (qui est souvent très attractif !) est reversé à 100% aux producteurs, ce qui leur permet d’avoir une rémunération juste et constante. Petits inconvénients : il faut être assidu à la distribution hebdomadaire, et il n’est pas possible de choisir le détail du panier car cela dépend de la récolte. Cela permet cependant de découvrir de nouvelles saveurs et de casser la routine des repas monotones.

Il existe des Amap partout en France, pour découvrir celle la plus proche de chez vous, vous pouvez vous rendre sur l’annuaire national des Amap.

La distribution à l’AMAP : des fruits, et légumes, et de la bonne humeur aussi !
  • À la ferme, dans une boutique fermière ou dans le cadre d’une cueillette. De nombreux producteurs ouvrent leurs portes de manière régulière ou ponctuelle. Il est alors possible de découvrir et acheter directement leur production : fruits et légumes fraîchement récoltés, fromages et produits laitiers, viande, produits transformés comme des jus, terrines, confitures, sirops, vinaigres… Certains proposent même aux clients de venir eux-même cueillir leurs produits dans leur exploitation. On s’équipe alors d’un petit couteau et d’une brouette, et hop on part à la cueillette des produits qui nous intéressent. Il n’y a de quantité minimum et on paie uniquement ce que l’on ramasse. Les prix sont beaucoup moins chers qu’ailleurs car la main d’oeuvre… c’est nous ! C’est une activité super ludique, divertissante et économique, à faire seul.e, entre ami.e.s ou en famille !
Cuillette à la ferme : le meilleur moyen de consommer local ! - Le Tablier à Pois
La cueillette à la ferme, le meilleur moyen de consommer local !
  • Dans un regroupement de producteurs ou de fermes et coopératives agricoles. La plupart du temps, ces regroupements sont tenus par les producteurs directement, qui s’organisent pour effectuer la mise en rayon, la logistique et la caisse. Cela rajoute encore plus de proximité avec le client, il est donc facile d’échanger avec eux. On y trouve principalement des produits frais : fruits et légumes, viandes, fromages, produits laitiers, conserves, jus, sirops, vins, bières… que des bonnes choses finalement !

Pour trouver un producteur, une ferme, ou un regroupement de producteurs à côté de chez vous, vous pouvez vous rendre sur des annuaires en lignes qui les références, comme celui de acheteralasource.com ou encore Bienvenue à la Ferme

  • Au marché, directement aux stands des producteurs. Le marché est un lieu où l’on peut trouver à la fois des producteurs, et à la fois des revendeurs et grossistes. Il faut donc être vigilant et bien appliquer les astuces que je vous ai donné plus haut pour trouver les productions locales. Mais une fois les « bons » stands détectés, vous pouvez mettre en place votre petite routine, faire connaissance avec les producteurs, qui généralement reconnaissent les clients réguliers. Parfait pour faire la causette le samedi matin et parler de la pluie et du beau temps, et de choux-fleurs et de salades !

Acheter en épicerie en circuit court :

Acheter de bons produits locaux, c’est également possible dans de nombreuses boutiques en circuit-court. Cela signifie qu’elles sont directement en relation avec des exploitations agricoles, et revendent les produits dans leurs boutiques. Les prix y sont généralement un peu plus élevés que ceux qu’on trouve auprès des producteurs, ce qui est normal car il faut bien que ces boutiques se rémunèrent. L’avantage est qu’on y trouve généralement plus de choix car les produits de plusieurs producteurs y sont vendus, ainsi que généralement un rayon épicerie. Parfait pour regrouper ses achats et ne pas courir partout !

Acheter local dans des épiceries ou magasin de producteurs

 

À quoi ça ressemble, un point de vente en circuit-court ? 

En ville, comme en zone rurale on peut trouver des produits locaux en épiceries ou en magasins revendeurs de produits artisanaux. Vérifiez bien que le magasin achète en direct, et qu’il ne soit pas un enième intermédiaire. La plupart du temps, si la boutique est vraiment dans la démarche de vente de produits locaux, vous pourrez le voir sur les étiquettes, mais également dans leur discours. N’hésitez pas à discuter avec les commerçants qui se feront très certainement un plaisir de vous renseigner sur les produits et les producteurs.

Autre point de vente en circuit court de plus en plus connu ces dernières années : La Ruche Qui Dit Oui. Il s’agit d’une alternative proche du fonctionnement d’une Amap, à quelques différences près. Elle permet elle aussi de rapprocher consommateurs et producteurs locaux mais contrairement à une Amap, il n’est pas nécessaire d’adhérer à une « Ruche ».

Consommer local avec la Ruche Qui Dit Oui

Pour acheter, rien de très compliqué : on s’inscrit sur le site internet ou l’application, on choisit la ruche la plus proche de chez soi ou de son travail (850 en France, et 1500 en tout dans neuf pays !), puis on sélectionne les produits qui nous intéressent. On peut commander à la fréquence que l’on souhaite, et surtout, la quantité que l’on souhaite (dans la limite des stocks des producteurs, bien sûr). En fonction des Ruches, on trouve tout type de produits : fruits, légumes, viandes, fromages, oeufs, vin, bière, pains, viennoiseries et pâtisseries, des infusions, et même parfois des produits d’hygiène comme du savon. La commande se fait quelques jours à l’avance, la date et l’heure de la distribution sont différentes d’une ruche à l’autre et sont précisées dans l’espace de commande. Puis, il suffit de se rendre au point de distribution, fixe à chaque Ruche, et qui peut être dans un café, un local municipal ou privé, une école, etc. Les producteurs nous y attendent, et remettent les produits commandés. Aucun paiement ne se fait sur place, car tout à été payé en ligne. Pratique !

Mais alors, est-ce que c’est vraiment mieux qu’une Amap ? Tout dépend de vous et de ce que vous recherchez. Il y a un peu moins de contraintes qu’une Amap car pas il n’y a pas d’engagement et on est vraiment libre dans le choix et la quantité des produits que l’on veut acheter. Mais en revanche, les prix sont généralement un peu plus chers dans une Ruche, car les producteurs reversent un peu plus de 16% de leur chiffre d’affaire, alors qu’en achetant dans une Amap, 100% du prix payé par le/la client.e revient aux producteurs.

 Qu’est-ce qu’on retient ?

Malgré les quelques pièges que l’on peut rencontrer au début, une fois les nouvelles habitudes prises et les nouvelles adresses proches de chez soi trouvées, il est très facile de consommer local !

Faites dans un premier temps une petite enquête de ce qui peut se trouver autour de chez vous. Appelez votre mairie pour savoir si les marchés et / ou producteurs du coin sont référencés. Faites une recherche internet, et visitez les sites que je vous ai partagé plus haut, posez des questions à vos proches pour connaître leurs bons plans. Essayez plusieurs adresses, discutez avec les commerçants, goûtez et… faites vous votre propre avis !

Si vous trouvez que faire un détour de 5-10 min en plus ou qu’aller au marché prend trop de temps, pensez aux légumes uniformes, ennuyeux et sans saveur du supermarché… Pour moi, faire mes courses au marché ou dans une boutique de producteurs est beaucoup plus agréable qu’aller en grande surface : pas de néon, ni d’annonce publicitaire, plus de queue interminable à la caisse avec le voisin de derrière qui rouspète parce que ça ne va pas assez vite, pas non plus le visage fermé du / de la caissier.e pressé.e de rentrer chez lui/elle. Au contraire ! En général, les circuits courts se veulent familiaux, collaboratifs, et accueillants.

Dans tous les cas, si vous trouvez des bons plans, partagez-les. Cela encouragera l’économie locale et limitera moyens les transports des produits entre leur lieu de production et votre assiette. De cette façon, vous agissez à votre échelle en faveur de l’environnement, et donnez leur chance aux métiers agricoles… de quoi vous endormir fiers de vous le soir ;)

 

Alors, prêt.e.s à passer du côté local de la force ? 


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